AMOUR, subst. masc. (except. fém.)
Attirance, affective ou physique, qu'en raison d'une certaine affinité, un être éprouve pour un autre être, auquel il est uni ou qu'il cherche à s'unir par un lien généralement étroit. L'amour, c'est beaucoup plus que l'amour (titre d'un roman de Jacques Chardonne, 1937) :
1. Le c½ur humain n'a que deux ressorts, l'ambition et l'amour. (...). Sous le nom d'amour, on peut comprendre toutes les passions expansives qui portent l'homme hors de lui-même, lui créent un but, des objets supérieurs à sa vie propre, le font comme exister dans autrui, ou pour autrui. L'éducation qui développe les premières passions personnelles au détriment des expansives est à contre-sens.
Maine de Biran, Journal, 1819, p. 246.
2. ... mes facultés baissent, excepté celle d'aimer. L'amour, c'est l'âme qui ne meurt pas, qui va croissant, montant comme la flamme.
E. de Guérin, Journal, 1835, p. 93.
3. ... je ne vois pas où est le catéchisme de l'amour et pourtant l'amour, sous toutes les formes, domine notre vie entière : amour filial, amour fraternel, amour conjugal, amour paternel ou maternel, amitié, bienfaisance, charité, philanthropie, l'amour est partout, il est notre vie même.
G. Sand, Histoire de ma vie, t. 2, 1855, p. 334.
4. Qu'est-ce que l'amour? Le besoin de sortir de soi.
Ch. Baudelaire, Mon c½ur mis à nu, 1867, p. 655.
5. Il se disait une fois de plus : « Il y a eu en moi trois espèces d'amour, et ils se sont détruits l'un l'autre. J'ai aimé la beauté du ciel, j'ai aimé la beauté des choses, et c'est une espèce d'amour. J'ai aimé celle qui m'a porté en elle et par qui j'ai connu le jour, et c'est encore une espèce d'amour. J'ai aimé enfin une troisième fois : j'ai aimé un petit corps souple; et pour cet amour-là, j'ai trahi les deux autres. Alors ils m'ont quitté tous les trois à la fois ». Et c'était de nouveau en lui comme un grand besoin de pardon. (...). Mais une voix lui répondit : « Il n'y a qu'une espèce d'amour. » Et la suite de la voix fut : « Et qu'une espèce de pardon. »
Ch.-F. Ramuz, Aimé Pache, peintre vaudois, 1911, pp. 279-280.
6. Une psychologie trop purement intellectualiste, qui suit les indications du langage, définira sans doute les états d'âme par les objets auxquels ils sont attachés : amour de la famille, amour de la patrie, amour de l'humanité, elle verra dans ces trois inclinations un même sentiment qui se dilate de plus en plus, pour englober un nombre croissant de personnes. Le fait que ces états d'âme se traduisent au dehors par la même attitude ou le même mouvement, que tous trois nous inclinent, nous permet de les grouper sous le concept d'amour et de les exprimer par le même mot : ...
H. Bergson, Les Deux sources de la morale et de la religion, 1932, p. 34.
I.− L'amour comme principe d'union universelle.
A.− [L'amour comme principe d'union et de cohésion de l'univers, de la terre, etc.; avec ou sans coloration relig.] :
7. Depuis le créateur jusqu'à la plus humble des créatures, rien n'échappe à la grande loi de l'amour. − Les corps simples tendent par l'attraction, qui est une sorte d'amour, au point de l'espace qui leur fut destiné. Les corps composés ont une sympathie, un amour du même genre que le précédent, pour les lieux où ils se formèrent; ils y acquièrent la plénitude de leur développement; ils en tirent toutes leurs vertus. Les plantes manifestent déjà une préférence, un amour plus marqué, pour les climats, les expositions, les terrains plus favorables à leur complexion. Les animaux donnent des signes d'un attachement plus vif, d'un amour aisément reconnaissable, qui les rapproche entre eux et quelquefois les rapproche de l'homme. L'homme enfin est doué d'un amour qui lui est propre pour les choses honnêtes et parfaites,...
F. Ozanam, Essai sur la philosophie de Dante, 1838, p. 139.
8. ... le moraliste qui a dit : « Aimez-vous les uns les autres » n'a pas trouvé là un grand secret. J'accorde bien que l'amour est la vraie richesse vitale; c'est un merveilleux mouvement pour sortir de soi, pour se jeter dans l'action, et s'y dépenser, et s'y perdre, sans petits calculs. Je sais aussi que lorsque l'amour manque, comme il arrive dans l'extrême fatigue ou dans l'extrême vieillesse, qui ne sont qu'extrême avarice, il n'y a plus rien à espérer de bon, ni même de mauvais. Mais ce régime de parfaite prudence nous approche de la mort, et il ne dure guère. L'ordinaire de la vie est un furieux amour de n'importe quoi; chez les bêtes aussi. Car le cheval galope pour galoper; et le moment où il va partir, le beau moment où il sent en lui-même la pression de la vie, c'est l'amour, créateur de tout.
Alain, Propos, 1910, p. 77.
franchemen g chérché sur le dictionnaire g pa trouvé ki peu méxpliké....